À la mort de Louis VII en 1180, la France capétienne est en état de faiblesse face à l'Empire Plantagenêt. Cent cinquante ans plus tard, à la mort de Charles IV le Bel en 1328, la France est l'État le plus puissant d'Europe occidentale. Entre ces deux dates, cinq rois — Philippe II Auguste, Louis VIII, Saint Louis, Philippe III et Philippe IV le Bel — ont transformé un domaine royal exigu en une monarchie nationale. Mais la mort sans héritier mâle de trois fils successifs de Philippe le Bel ouvre la crise de succession qui allumera la Guerre de Cent Ans.
Repères de la période 1180 – 1328
†1180
1180–1223
1223–1226
1226–1270
1270–1285
1285–1314
1314–1328
Philippe II Auguste — Le Grand Conquérant
Philippe II Auguste est l'un des plus grands rois de France médiévale. Il monte sur le trône à quinze ans face à Henri II Plantagenêt, au zénith de sa puissance, et mourra en 1223 comme le souverain le plus respecté d'Europe. Il épouse Isabelle de Hainaut en 1180, dont il a un fils, le futur Louis VIII. Elle lui apporte l'Artois en dot.
Sa stratégie contre les Plantagenêts est constante : attiser les dissensions familiales. Il soutient Henri Court-Mantel contre Henri II, puis s'allie à Richard Cœur de Lion pour précipiter la fin de ce dernier. Richard lui succède et part en Troisième Croisade — Philippe rentre d'Acre en 1191 et profite de la captivité de Richard pour grignoter ses possessions. À la mort de Richard (1199), il exploite la rivalité entre Jean sans Terre et Arthur de Bretagne. En 1204, il prend Château-Gaillard, conquiert la Normandie (Rouen tombe en juin), l'Anjou, le Maine, la Touraine et le Poitou. C'est la plus grande expansion territoriale capétienne depuis Hugues Capet.
En 1214, Jean sans Terre et l'Empereur Othon IV montent une coalition européenne. Philippe divise son armée : son fils Louis barre la route à Jean à La Roche-aux-Moines, Philippe lui-même écrase Othon à Bouvines le 27 juillet 1214. Double victoire décisive.
Administration et bâtisseur
Philippe Auguste crée les premiers baillis et sénéchaux royaux — fonctionnaires nommés et révocables, ancêtres de la préfectorale. Il reconstruit les fortifications de Paris, fait paver les rues, et agrandit le Louvre. C'est à partir de lui que la France commence à prendre sa configuration définitive.
⚔ La Bataille de Bouvines — 27 Juillet 1214
Bouvines est l'un des événements décisifs de la construction de la France. Philippe II y fait face à une coalition européenne : l'Empereur Othon IV au centre, Ferrand comte de Flandre à l'aile gauche, Renaud de Dammartin comte de Boulogne à l'aile droite — soutenue en arrière-plan par Jean sans Terre, cloué sur la Loire par Louis.
L'armée française (~25 000 hommes) est nettement inférieure en nombre (~60 000 coalisés). Philippe commande le centre ; l'aile droite est tenue par le duc Eudes de Bourgogne, l'aile gauche par Robert de Dreux. Après une après-midi de combat intense — Philippe faillit être capturé —, l'aile gauche impériale est dispersée, Ferrand de Flandre est fait prisonnier, Othon IV fuit vers Valenciennes. Renaud de Dammartin, bien que résistant héroïquement, se rend au Frère Guérin.
Conséquences immédiates : Othon IV est remplacé par Frédéric II de Hohenstaufen à la tête de l'Empire. Jean sans Terre, affaibli, doit signer la Magna Carta en 1215. La France s'impose comme première puissance d'Europe occidentale.
La Croisade contre les Albigeois
Philippe II n'intervient pas lui-même dans la guerre contre les Cathares du Languedoc, laissant faire les croisés du Nord conduits par Simon de Montfort. La prise de Béziers (juillet 1209) et la phrase prêtée au légat du pape — Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens — restent dans les mémoires. Philippe laisse son fils Louis intervenir au bon moment, ce qui aboutit à terme au rattachement effectif du Languedoc au royaume de France.
Louis VIII le Lion
Né en 1187, fils de Philippe II et d'Isabelle de Hainaut, Louis VIII épouse encore enfant Blanche de Castille en 1200, petite-fille d'Aliénor d'Aquitaine, dans le cadre du Traité du Goulet. Ils ont de nombreux enfants, dont le futur Saint Louis (né 1214), Robert d'Artois (†1250 à Mansourah), Alphonse de Poitiers, et Charles d'Anjou (né 1226), futur roi de Sicile.
En juillet 1214, Louis remporte la victoire décisive de La Roche-aux-Moines sur Jean sans Terre, obligeant le roi d'Angleterre à lever le siège et à fuir vers La Rochelle. En mai 1216, à l'appel des barons anglais révoltés contre Jean sans Terre, il débarque en Angleterre et est couronné roi — mais la mort de Jean (octobre 1216) rallie les barons à Henri III, et Louis doit signer le Traité de Lambeth et rentrer en France.
Couronné roi à la mort de Philippe II (1223), Louis VIII complète la conquête du Poitou (La Rochelle, Niort, 1224) puis prend la tête de la croisade contre les Albigeois. La campagne est couronnée de succès jusqu'à Avignon, mais Louis est atteint d'une dysenterie à Montpensier en Auvergne et meurt le 8 novembre 1226 après seulement trois ans de règne. Son fils Louis IX a douze ans.
Blanche de Castille — La Régente
Fille d'Alphonse VIII roi de Castille et d'Aliénor, fille d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine, Blanche de Castille est choisie personnellement par sa grand-mère Aliénor d'Aquitaine, alors âgée de 78 ans, pour être la future reine de France. Elle épouse Louis VIII le 23 mai 1200 — ils sont encore enfants.
À la mort de Louis VIII (1226), leur fils Louis IX n'a que douze ans. Blanche le fait couronner à Reims le 29 novembre 1226 et assume la régence avec une fermeté remarquable. Elle fait face à une coalition de grands féodaux — Pierre Mauclerc duc de Bretagne, Hugues de Lusignan, Thibaud IV de Champagne, Henri III Plantagenêt — qui cherchent à profiter de la minorité royale. Elle manœuvre habilement, neutralise Thibaud de Champagne, se réfugie au château de Vendôme dont le comte lui reste fidèle, et une tentative d'enlèvement de Louis IX à Montlhéry échoue grâce à la fidélité des Parisiens.
Pendant la Septième Croisade (1248–1254), elle assure une seconde régence, rassemble la rançon pour libérer Saint Louis prisonnier en Égypte, et réprime la Croisade des Pastoureaux (1251). Elle meurt en 1252, avant le retour définitif de son fils.
Blanche de Castille est l'une des femmes les plus capables du Moyen Âge occidental. Dans un monde entièrement dominé par les hommes, elle gouverna seule la France à deux reprises, défendit la couronne contre les grands féodaux et paya la rançon de son fils roi.
— Bilan de règneSaint Louis (Louis IX) — Le Roi Idéal
Né en 1214, fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, Louis IX est sacré à Reims à douze ans. Il épouse Marguerite de Provence en 1234. Il bénéficie, comme son père, de conseillers exceptionnels — et surtout du cadre moral imposé par sa mère.
Il tombe gravement malade en 1244 et s'engage à prendre la Croix en cas de guérison. La Septième Croisade part d'Aigues-Mortes en août 1248 ; la flotte gagne Damiette en Égypte (mai 1249), remonte le Nil jusqu'à Mansourah (prise en février 1250), mais les Mamelouks reprennent la ville en avril. Louis IX est fait prisonnier, rançonné, et libéré grâce à Blanche de Castille et aux Templiers. Il reste quatre ans à Saint-Jean-d'Acre avant de rentrer en France en 1254.
Sa politique extérieure est celle de la paix et de l'arbitrage. En 1258, il signe le Traité de Paris avec Henri III d'Angleterre, officialisant le rattachement de la Normandie, du Maine, de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou à la France. Il autorise aussi son frère Charles d'Anjou à conquérir la Sicile (1266), fondant les Capétiens-Anjou. En 1270, il engage la Huitième Croisade contre Tunis. Il meurt de la peste à Carthage le 25 août 1270. Canonisé en 1297 par Boniface VIII.
L'œuvre intérieure — Le roi sous le chêne
Saint Louis est épris de paix et de justice. Il interdit aux agents royaux toute prévarication. La monnaie royale est désormais utilisable dans tout le royaume, concurrençant les monnaies seigneuriales. Le système fiscal est amélioré, les prélèvements sur le clergé accentués, les villes gagnent en indépendance. C'est sous son règne que Robert de Sorbon fonde la Sorbonne et que se développe le Parlement de Paris. L'image du roi rendant la justice sous un chêne à Vincennes est passée dans l'imagerie populaire française.
Sa foi l'a cependant conduit à une intolérance envers les hérétiques et les infidèles, et ses deux croisades ont mobilisé des ressources considérables au détriment de son royaume.
Philippe III le Hardi
Né en 1245, fils de Louis IX et de Marguerite de Provence, Philippe III fait figure de roi terne entre son père Saint Louis et son fils Philippe le Bel. Proclamé roi à Tunis même, au chevet de son père mourant, il rentre en France avec les dépouilles de son père et de son frère Jean Tristan, également mort de la peste. Sa femme Isabelle d'Aragon meurt d'une chute de cheval lors du retour.
Son règne permet cependant une expansion territoriale importante : à la mort de son oncle Alphonse de Poitiers (1271, sans héritier), il récupère le Poitou, l'Auvergne, la Saintonge, l'Agenais, le Rouergue, le Quercy et le comté de Toulouse. En 1274, la Navarre vient dans l'orbite française par le mariage de Jeanne de Navarre avec le futur Philippe le Bel. Il achète le comté de Nemours la même année.
Les Vêpres Siciliennes (1282) — massacre des Français en Sicile — le poussent à lancer une expédition militaire contre l'Aragon de Pierre III. L'aventure tourne au désastre : l'armée est ravagée par le paludisme devant Gérone, la flotte est détruite par Roger de Loria. Philippe III franchit les Pyrénées malade et meurt à Perpignan le 5 octobre 1285.
Charles d'Anjou — Les Capétiens hors de France
Philippe IV le Bel — Le Fondateur de la France Moderne
Philippe le Bel n'a que 17 ans lorsqu'il monte sur le trône. Il est décrit par ses contemporains comme une statue — beau, impassible, froid — mais ne garde pas moins le dernier mot. Il gouverne par ses conseillers, les grands légistes — Guillaume de Nogaret, Pierre Flote, Enguerrand de Marigny — spécialistes du droit romain qui construisent la monarchie nationale. Il s'appuie aussi sur les financiers toscans Biche et Mouche pour ses besoins fiscaux croissants.
Il épouse Jeanne de Champagne, héritière de la Champagne et de la Navarre, en 1284. Ils ont trois fils — Louis, Philippe, Charles — et une fille, Isabelle, épousée à Édouard II d'Angleterre.
Son règne est émaillé de conflits avec l'Angleterre (guerre de Guyenne 1294–1298), une longue crise avec la Flandre (victoire à Mons-en-Pévèle 1304, Traité d'Athis), un conflit frontal avec la Papauté (gifle d'Anagni 1303, papauté à Avignon dès 1305), la liquidation de l'Ordre des Templiers (1307–1314) et le scandale de la Tour de Nesle (1314). Philippe le Bel meurt le 29 novembre 1314, cinq mois après le Grand Maître des Templiers Jacques de Molay, qui l'avait assigné à comparaître devant Dieu.
⛪ Philippe IV et la Papauté
Le conflit avec Boniface VIII commence par un désaccord financier : Philippe refuse de laisser l'Église financer Rome sans son accord. La tension monte jusqu'à la gifle d'Anagni (septembre 1303) : Guillaume de Nogaret investit la résidence papale avec une troupe armée et arrête Boniface VIII, âgé de 68 ans. La population d'Anagni se soulève et libère le pape, qui meurt un mois plus tard à Rome.
En 1305, le nouveau pape est Clément V, le Gascon Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux. Incapable de résider à Rome livrée aux factions, il s'installe à Avignon dans le Comtat Venaissin — sous l'influence directe du roi de France. La papauté y restera jusqu'en 1377 : c'est la captivité babylonienne de l'Église.
⚔ Philippe IV et les Templiers
À la fin du XIIIe siècle, les Templiers comptent 9 000 commanderies, un trésor colossal et plusieurs milliers d'hommes d'armes — une force susceptible d'être retournée contre les rois à la demande du pape. La forteresse du Temple à Paris domine les bâtiments royaux eux-mêmes.
Le 13 octobre 1307, Philippe fait arrêter simultanément tous les Templiers du royaume (plus de 2 000 hommes). Sous la torture, certains avouent des crimes. Dès 1310, 54 sont brûlés vifs. Clément V finit par ordonner la dissolution de l'Ordre. Le Grand Maître Jacques de Molay et les hauts dignitaires sont emprisonnés à Chinon (leurs inscriptions subsistent dans la tour du Coudray). Le procès dure de 1307 à 1314. Le 18 mars 1314, Molay est brûlé sur le parvis de Notre-Dame. Depuis son bûcher, il assigne Philippe IV et Clément V à comparaître devant Dieu. Les deux meurent dans l'année.
Le scandale de la Tour de Nesle (1314)
La fin du règne est ternie par une grave affaire d'adultère. Isabelle, fille de Philippe le Bel et reine d'Angleterre, dénonce ses belles-sœurs : Marguerite de Bourgogne, femme de l'héritier Louis (futur Louis X le Hutin), et Blanche de Bourgogne, femme de Charles, sont accusées d'avoir des relations adultères avec les frères d'Aulnay, reçus dans la Tour de Nesle à Paris. La troisième belle-fille, Jeanne, femme de Philippe, n'est pas coupable mais savait.
Marguerite et Blanche sont confondues par des aumônières offertes à leurs amants. Elles sont jetées dans les cachots de Château-Gaillard. Leurs amants sont torturés et exécutés. Marguerite meurt en prison en 1315 ; Blanche est libérée plus tard. L'affaire bouleverse la succession capétienne — Louis X n'a pas d'héritier mâle légitime au moment de son avènement.
Louis X le Hutin, Philippe V le Long, Charles IV le Bel
Les trois fils de Philippe le Bel se succèdent en quatorze ans (1314–1328) sans laisser d'héritier mâle, précipitant la fin de la lignée capétienne directe.
Fils aîné de Philippe le Bel et de Jeanne de Champagne-Navarre, Louis X est roi de Navarre dès 1305. Son épouse Marguerite de Bourgogne meurt en prison au début de 1315. Il épouse alors Clémence d'Anjou-Hongrie.
Sous l'influence de son oncle Charles de Valois, il fait pendre Enguerrand de Marigny, le principal conseiller de son père, pour prévarication et sorcellerie. Il concède de larges libertés aux grands barons pour apaiser les tensions. Pendant son règne, tous les serfs du domaine royal sont affranchis — généralement contre paiement — signe d'une évolution des mentalités. Louis X meurt en juillet 1316 après un repas de champenois glacé, à seulement 27 ans. Sa femme Clémence accouche d'un fils posthume, Jean Ier, qui ne vit que quatre jours.
Second fils de Philippe le Bel, Philippe V écarte Jeanne, la fille de Louis X (trop jeune et de paternité douteuse), en invoquant la loi salique — premier précédent formel excluant les femmes de la couronne de France. Jeanne deviendra néanmoins reine de Navarre.
Il force l'élection du pape Jean XXII à Lyon en faisant murer les issues de la cathédrale — le conclave durait depuis deux ans. Il convoque Édouard II d'Angleterre à lui rendre hommage pour la Guyenne (1320), engage des consultations régulières des trois ordres (clergé, noblesse, tiers-état), et entreprend d'unifier les poids et mesures du royaume. Son règne ne dure que cinq ans : il meurt en janvier 1322, sans héritier mâle de Jeanne de Bourgogne.
Troisième fils de Philippe le Bel, Charles IV fait casser son mariage avec Blanche de Bourgogne (encore emprisonnée) et épouse Marie de Luxembourg, qui meurt après dix-huit mois. Il se remarie avec Jeanne d'Évreux.
En juillet 1324, le roi d'Angleterre Édouard II refuse de prêter hommage pour l'Aquitaine : l'armée française envahit la province. Sa sœur Isabelle facilite un compromis — son fils Édouard (futur Édouard III) devient duc d'Aquitaine. Mais Charles IV ne respecte pas l'accord et confisque en 1325 les biens anglais en France. À sa mort en janvier 1328, Jeanne d'Évreux accouche d'une fille posthume. Aucun héritier mâle.
Le roi d'Angleterre Édouard III, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère Isabelle, postule alors à la couronne de France. Les pairs du royaume lui préfèrent Philippe de Valois, cousin de Charles IV. La Guerre de Cent Ans est en perspective.
Bilan — Apogée et fin d'une lignée
En 150 ans, les Capétiens directs ont transformé un domaine royal de quelques milliers de kilomètres carrés autour de Paris et d'Orléans en un royaume qui s'étend de la Flandre à la Méditerranée. Philippe II Auguste a brisé l'Empire Plantagenêt ; Saint Louis a donné à la monarchie son modèle moral universel ; Philippe le Bel a fondé la monarchie administrative moderne. Mais ce progrès a son revers : la centralisation croissante, la pression fiscale et la manipulation de la monnaie génèrent des tensions que les trois fils de Philippe le Bel ne sauront pas absorber.
1180
Philippe II Auguste monte sur le trône à 15 ans face à Henri II Plantagenêt.
1204
Conquête de la Normandie — Rouen tombe en juin. Anjou, Maine, Touraine, Poitou suivent.
1209
Croisade des Albigeois — prise de Béziers, Simon de Montfort.
1214
Bouvines — victoire décisive, France 1re puissance d'Europe. Naissance de Saint Louis.
1226
Louis VIII meurt à 39 ans. Blanche de Castille assure la régence pour son fils de 12 ans.
1248–1254
Septième Croisade — Louis IX prisonnier en Égypte. Blanche de Castille paie la rançon.
1258
Traité de Paris avec Henri III d'Angleterre — Normandie, Anjou, Touraine officiellement françaises.
1266
Charles d'Anjou conquiert la Sicile — naissance des Capétiens-Anjou.
1270
Saint Louis meurt de la peste à Carthage. Canonisé en 1297.
1282
Vêpres Siciliennes — massacre des Français en Sicile.
1285
Philippe IV le Bel monte sur le trône à 17 ans.
1302
Matines de Bruges — défaite française à Courtrai.
1303
Gifle d'Anagni — Nogaret arrête Boniface VIII.
1305
Clément V, pape gascon, s'installe à Avignon — sous influence française.
1307
Arrestation de tous les Templiers du royaume — 2 000 hommes.
1314
Bûcher de Jacques de Molay (18 mars) · Scandale de la Tour de Nesle · Mort de Philippe le Bel (29 nov.).
1314 – 1328
Louis X, Philippe V, Charles IV — trois fils sans héritier mâle en 14 ans.
1328
Mort de Charles IV. Fin des Capétiens directs. Édouard III revendique la France — Guerre de Cent Ans en perspective.
Le règne de Philippe le Bel est une suite d'énigmes : qui gouverne vraiment ? Le roi ou ses légistes ? Cette période est la fin d'une belle époque — celle des croisades, de la bonne monnaie, de la croissance démographique. L'édifice commence à craquer : Matines de Bruges, fausse monnaie, gifle d'Anagni, bûcher des Templiers, Tour de Nesle…
— Jean Favier, historien