De l'Anjou à l'Angleterre — 987-1272
De Foulque Nerra le Faucon Noir aux premières lueurs du droit constitutionnel sous Henri III : l'épopée d'une maison angevine qui forgea, à force d'épée et de mariage, l'un des plus vastes empires de l'Europe médiévale — de l'écosse aux Pyrénées, et jusqu'à Jérusalem.
Anjou · Normandie · Angleterre · Aquitaine
Le nom de Plantagenêt vient du genêt à balais (planta genista), emblème porté au chapeau par Geoffroy V d'Anjou. Mais la dynastie qui le porte plonge ses racines bien plus tôt, dans les forêts d'Anjou où un comte appelé Foulque Nerra bâtit, à partir de 987, l'une des principautés les plus redoutées du royaume des Francs.
L'empire angevin — expression forgée par les historiens modernes — n'est pas un état unifié au sens moderne, mais un faisceau de quatre grandes principautés personnellement réunies par les mêmes mains : l'Anjou avec le Maine et la Touraine (héritage angévin), la Normandie (par le mariage de Geoffroy V avec Mathilde), l'Angleterre (par la même Mathilde, fille d'Henri Ier), et l'Aquitaine (par le mariage d'Henri II avec Aliénor en 1152). à son apogée, sous Henri II, l'ensemble s'étend de la frontière écossaise aux Pyrénées.
Trois siècles de conquêtes, de trahisons, de croisades et d'intrigues séparent Foulque Nerra (†1040) de son lointain descendant Henri III (†1272). De ce long arc historique sont sortis des objets durables : la common law, la Magna Carta de 1215, la naissance du Parlement anglais en 1265, l'abbaye gothique de Westminster, la nécropole de Fontevraud où reposent Henri II, Aliénor et Richard Cœur de Lion. La famille du Faucon Noir avait, sans le savoir, posé les fondations institutionnelles de la monarchie constitutionnelle moderne.
Quatre générations qui forgent une principauté
Avant d'être rois d'Angleterre, les Plantagenêts sont d'abord, et pendant quatre générations, des comtes d'Anjou. La construction de leur puissance suit un schéma à la fois militaire et matrimonial : une politique de châteaux, d'alliances et de héritages par les femmes qui se révélera, à long terme, redoutablement efficace.
987-1040
Cinquante-trois ans de règne. Guerre permanente contre les comtes de Blois (victoires de Conquereuil 992, Pontlevoy 1016), construction d'une trentaine de donjons en pierre (Loches, Langeais, Montbazon, Montéclair), quatre pèlerinages à Jérusalem pour expier ses cruautés. Foulque Nerra jette les bases de la puissance angevine sur lesquelles tout l'édifice plantagenêt s'élèvera.
1040-1060
Conquête du Maine en 1051, prise de la Touraine sur Blois (victoire de Nouy 1044), influence sur la Saintonge. Mariage avec Agnès de Bourgogne. L'Anjou atteint son apogée territoriale au XIe siècle. Mais Geoffroy meurt en 1060 sans descendance directe, laissant la succession à ses deux neveux par sa sœur Ermengarde.
1060-1068
Désigné héritier par son oncle, Geoffroy III peine à contenir l'ambition de son cadet Foulque. La cohabitation tourne à la guerre ouverte. En 1067, Foulque capture son frère et l'enferme dans un cachot angévin : Geoffroy le Barbu y croupira plus de vingt-huit ans, deviendra aveugle et perdra la raison.
1068-1109
Quarante-deux ans d'un règne entre fratricide politique, perte du Gâtinais cédé au roi Philippe Ier, érosion en Touraine, paix de Blanchelande sur le Maine (1081), quatre mariages successifs et le célèbre enlèvement de Bertrade de Montfort par Philippe Ier en 1092. Foulque IV est aussi l'auteur du Fragmentum Historiae Andegavensis, première historiographie princière laïque. Il fonde, sous le patronage de Robert d'Arbrissel vers 1101, l'abbaye de Fontevraud, future nécropole de la dynastie.
L'Anjou ouvert sur la Méditerranée croisée (1109-1143)
Avec Foulque V, surnommé le Jeune, la maison d'Anjou cesse d'être une principauté guerrière de la Loire pour devenir un acteur de premier rang dans la politique internationale. Habile diplomate, il rétablit ce que son père avait laissé effrité — et réussit, en deux mouvements, un coup dynastique d'une portée géopolitique inouïe.
Sa première priorité est la reconquête du Maine, qu'il obtient diplomatiquement par un traité avec Henri Ier Beauclerc d'Angleterre. Il consolide ensuite l'autorité comtale face aux barons angévins turbulents et aux évêques ambitieux.
Le second coup de maître est le mariage de son fils Geoffroy avec Mathilde l'Impératrice en 1128 (voir section suivante). Ce double geste — partir à Jérusalem, marier son fils à l'héritière d'Angleterre — explique pourquoi Foulque V est considéré comme le véritable père des Plantagenêts : c'est lui qui transforme l'ambition régionale angévine en projet impérial transcontinental.
Geoffroy le Bel & Mathilde l'Impératrice contre étienne de Blois
Le 17 juin 1128 au Mans, le jeune Geoffroy V d'Anjou, fait chevalier la veille par son futur beau-père Henri Ier Beauclerc d'Angleterre, épouse Mathilde l'Impératrice, fille unique du roi anglais et veuve de l'empereur germanique Henri V. Ce mariage est le pivot de toute l'histoire plantagenêt : Geoffroy a quinze ans, Mathilde vingt-six ; il porte au chapeau un brin de genêt — planta genista — qui donnera son nom à toute la dynastie.
Le drame éclate à la mort d'Henri Ier en décembre 1135. Malgré le serment de fidélité prêté à Mathilde par les barons anglais et normands, son cousin Etienne de Blois, fils du comte Thibaud III et petit-fils du Conquérant par sa mère Adèle, traverse précipitamment la Manche et se fait couronner roi à Westminster avant la fin de l'année. L'Angleterre entre alors dans dix-neuf années de guerre civile que les chroniques nommeront l'Anarchie.
Le grand réformateur — Aliénor — les quatre piliers
En 1154, Henri II réunit sur sa tête ce qu'aucun prince occidental n'a possédé depuis Charlemagne : l'Anjou-Maine-Touraine de son père Geoffroy, la Normandie conquise par le même Geoffroy, l'Angleterre héritée de sa mère Mathilde, et l'Aquitaine apportée en 1152 par sa femme Aliénor d'Aquitaine. Du fleuve Tweed à la frontière castillane, c'est un véritable empire.
Le mariage avec Aliénor, le 18 mai 1152 à Poitiers, n'est pas le moindre exploit du jeune duc de Normandie. Aliénor venait de faire annuler son mariage avec le roi Louis VII de France deux mois plus tôt : en l'épousant, Henri arrache au roi capétien le plus vaste duché du royaume, et place les Capétiens dans une position désormais structurellement minoritaire. Le scandale est immense, l'humiliation de Louis VII durable.
L'administration anglaise — les fondations de la common law
Sur le trône d'Angleterre, Henri II hérite d'un royaume dévasté par l'Anarchie. Il entreprend une réforme administrative monumentale qui pose les bases durables de l'état anglais : rétablissement de l'échiquier royal à Westminster, institution de l'écuage (taxe en argent remplaçant l'ost militaire des vassaux), envoi de juges royaux itinérants à travers les comtés, organisation des assises et naissance progressive du jury, codifié par les Constitutions de Clarendon (1164) et les Assises de Clarendon (1166). C'est la matrice de la common law anglaise.
L'Anjou contre Canterbury, 1162-1170
L'affaire Thomas Becket est l'une des tragédies politiques majeures du XIIe siècle européen. Chancelier d'Henri II et son plus proche conseiller depuis 1155, Becket est nommé par le roi archevêque de Canterbury en 1162. Le roi croit y placer son homme ; il y place un adversaire.
Dès sa consécration, Becket renonce à la chancellerie royale et embrasse pleinement la cause de l'église. Il s'oppose aux Constitutions de Clarendon (1164), qui soumettent les clercs à la justice royale. Le conflit s'envenime : Becket s'exile en France fin 1164, se réfugie auprès du pape Alexandre III à Sens, puis du roi Louis VII. Pendant six ans, il refuse tout compromis.
Le partage de Montmirail — 1173-1174 — Chinon 1189
Henri II et Aliénor eurent huit enfants, dont cinq fils. Le partage de cet immense empire entre des successeurs ambitieux et impétueux fut, paradoxalement, ce qui faillit détruire l'œuvre paternelle de leur vivant.
En janvier 1169 à Montmirail (dans le Perche), Henri II partage symboliquement l'héritage : l'Angleterre, la Normandie, l'Anjou et le Maine à Henri le Jeune (l'aîné) ; l'Aquitaine à Richard ; la Bretagne à Geoffroy par son mariage avec Constance, héritière bretonne. Quant à Jean, le dernier-né (1166), il ne reçoit rien — d'où son surnom de Sans Terre, Lackland. Mais le roi conserve, à son nom, la totalité du pouvoir effectif. C'est cette séparation entre titres et pouvoir qui allait mettre le feu à la famille.
Le coup final vient de Richard. En 1188, prenant les armes contre son père aux côtés du nouveau roi de France Philippe II Auguste, il rejoue la grande révolte. Trahi par ses derniers vassaux et par Jean — son fils préféré, qu'il pensait fidèle — Henri II se réfugie au château de Chinon, malade et brisé. Il y meurt le 6 juillet 1189, murmurant, dit-on, en apprenant la trahison de Jean : « Honte, honte sur un roi vaincu. » Il est inhumé à l'abbaye de Fontevraud, fondée un siècle plus tôt par son arrière-arrière-grand-père Foulque IV le Réchin : la nécropole plantagenête est inaugurée.
Acre, Saladin, la captivité, Château-Gaillard, Châlus
Richard Ier est la légende incarnée. Couronné à Westminster le 3 septembre 1189, il ne passera que six mois de son règne en Angleterre. Sa vie est ailleurs : en Aquitaine, en Terre sainte, en captivité allemande, en Normandie, en Limousin. Mais aux yeux des chroniqueurs et de la postérité, il est le plus parfait des chevaliers, le roi-lion par excellence.
Le retour est catastrophique. Naufragé près d'Aquilée, Richard tente de traverser l'Europe centrale déguisé. Reconnu près de Vienne, il est capturé en décembre 1192 par le duc Léopold V d'Autriche, qu'il avait humilié à Acre, puis livré à l'empereur Henri VI de Hohenstaufen. Il est tenu prisonnier dans la forteresse de Dürnstein puis à Trifels. La rançon, fixée à cent cinquante mille marcs d'argent, est l'une des plus énormes de l'histoire médiévale : près de trois ans de revenu fiscal anglais. Aliénor, devenue régente, met en place une fiscalité exceptionnelle pour la réunir. Richard est libéré en février 1194.
Les cinq dernières années du règne sont consacrées à la guerre contre Philippe Auguste, qui a profité de la captivité de Richard pour grignoter le Vexin normand et nouer des intrigues avec Jean. Richard frappe un grand coup : il fait construire en deux ans seulement, sur un rocher dominant la Seine, le château de Château-Gaillard (1196-1198), chef-d'œuvre de l'art militaire qui doit verrouiller la Normandie. Mais le sort se moque des forteresses : le 26 mars 1199, lors du siège mineur du château de Châlus-Chabrol en Limousin, Richard reçoit un carreau d'arbalète à l'épaule. La plaie s'infecte : il meurt le 6 avril 1199, à quarante et un ans, sans héritier légitime. Son fidèle capitaine, le routier Mercadier, fait écorcher l'arbalétrier en représailles. Richard est inhumé à Fontevraud aux pieds de son père.
Arthur de Bretagne — 1204 — Bouvines — la Magna Carta
Paradoxe de l'histoire : le roi le moins respecté de la dynastie est aussi celui qui a le plus profondément changé l'Angleterre. Jean sans Terre, dernier fils d'Henri II, succède à son frère Richard en mai 1199. Treize ans plus tard, l'empire angévin continental est réduit à l'Aquitaine ; mais quatre ans plus tard encore, Jean sera l'homme par qui les libertés anglaises ont été mises par écrit pour la première fois.
Arthur de Bretagne et la confiscation
L'origine de la catastrophe est dynastique. Jean a un neveu, Arthur de Bretagne, fils de son frère aîné Geoffroy mort en 1186 : selon la coutume normande de la primogeniture, c'est Arthur qui aurait dû succéder à Richard. Soutenu par Philippe Auguste, Arthur conteste Jean. En 1200, Jean épouse Isabelle d'Angoulême, qu'il enlève à son fiancé Hugues de Lusignan. Les Lusignan portent plainte devant le roi de France leur suzerain : Philippe Auguste convoque Jean pour qu'il réponde du forfait féodal. Jean refuse de comparaître. En avril 1202, Philippe prononce la confiscation de tous les fiefs continentaux de Jean — Normandie, Anjou, Maine, Touraine, Poitou.
Jean tente de reconquérir ce qu'il a perdu par une grande coalition : en 1214, l'empereur germanique Othon IV et le comte de Flandre Ferrand attaquent Philippe Auguste par le nord, tandis que Jean débarque à La Rochelle pour attaquer par le sud. Mais Philippe écrase les coalisés à Bouvines le 27 juillet 1214 : la défaite scelle définitivement le sort de l'empire continental, et change durablement le rapport de forces Capétiens-Plantagenêts.
Le premier texte qui place le roi sous la loi
Vaincu en France, lourdement endetté, conflictuel avec le pape Innocent III qui le maintient excommunié depuis 1209, Jean voit en 1215 ses barons anglais se révolter en masse. Acculé, le roi accepte de négocier dans la prairie de Runnymede, sur les bords de la Tamise, à mi-chemin entre Windsor et Londres. Le 15 juin 1215, il appose son sceau sur un document que ses adversaires lui ont imposé et qui allait changer le cours de l'histoire occidentale.
La Magna Carta — la Grande Charte des libertés — comporte 63 articles. Elle protège pour la première fois par écrit les droits des nobles, du clergé et des marchands : interdiction de l'emprisonnement arbitraire, droit à un procès équitable, limitation de la fiscalité royale sans consentement des grands du royaume. Surtout, elle pose en principe qu'aucun homme, pas même le roi, n'est au-dessus de la loi.
Nul homme libre ne sera arrêté, emprisonné, dépossédé de ses biens, mis hors la loi, exilé ou lésé de quelque manière que ce soit… si ce n'est en vertu d'un jugement légal de ses pairs ou selon la loi du pays.
— Magna Carta, Article 39 — 1215
Jean fait immédiatement annuler la Charte par le pape Innocent III (qui la qualifie de honteuse, illégale, injuste), plongeant l'Angleterre dans la Première Guerre des barons. Les rebelles vont jusqu'à offrir la couronne au futur Louis VIII de France, qui débarque en mai 1216 et entre dans Londres. Mais Jean meurt à Newark le 19 octobre 1216 d'une dysenterie, laissant un royaume en pleine guerre civile à son fils Henri, âgé de neuf ans.
La Charte que Jean avait voulu annuler sera réaffirmée dès 1216 par le régent du jeune Henri III, puis rééditée en 1217 et 1225. Dans sa version de 1225, elle deviendra la pierre angulaire de la constitution anglaise et restera invoquée jusqu'à nos jours : l'habeas corpus, le droit américain, la Déclaration universelle des droits de l'homme y trouvent une partie de leur origine.
Cinquante-six ans de règne — Simon de Montfort — 1265
Couronné en hâte à Gloucester le 28 octobre 1216, à neuf ans, avec un anneau royal d'or improvisé (les véritables joyaux ayant été perdus avec le trésor royal dans les sables mouvants du Wash quelques jours avant la mort de son père), Henri III règne cinquante-six ans — le plus long règne plantagenêt. Son règne traverse trois générations et transforme l'Angleterre médiévale en profondeur, sans grandes guerres, mais par des révolutions silencieuses.
La minorité (1216-1227) est dirigée par le régent Guillaume le Maréchal, comte de Pembroke, l'un des plus grands chevaliers de son temps, qui chasse les Français de Louis VIII (victoire de Lincoln en mai 1217 et de la bataille navale de Sandwich en août 1217) et réaffirme la Magna Carta. C'est grâce à Guillaume le Maréchal que la dynastie plantagenêt survit à la catastrophe de Jean.
En 1224, Henri III perd l'essentiel du Poitou et de la Saintonge au profit du roi Louis VIII de France, qui prend La Rochelle après un long siège. Plus tard, par le traité de Paris de 1259, signé avec Saint Louis, il renonce officiellement à la Normandie, à l'Anjou, au Maine, à la Touraine et au Poitou, mais conserve la Gascogne autour de Bordeaux comme duché-pair de France — un legs aquitain qui se prolongera jusqu'à la fin de la Guerre de Cent Ans.
Westminster gothique — le bâtisseur pieux
Dévot et mécène, Henri III consacre une fortune à reconstruire l'abbaye de Westminster dans le pur style gothique rayonnant français, sur le modèle des grandes cathédrales d'île-de-France. Les travaux commencent en 1245. Il y fait construire une nouvelle châsse pour les reliques d'édouard le Confesseur, dont il fait son saint patron et dont il prendra le nom pour son fils aîné. C'est là que la totalité des rois et des reines d'Angleterre seront couronnés depuis Guillaume le Conquérant, et que beaucoup reposent encore aujourd'hui.
à la mort d'Henri III, le 16 novembre 1272 à Westminster, l'Angleterre est devenue un royaume profondément différent de celui que Foulque Nerra n'avait jamais visité. La grande œuvre de la réforme administrative d'Henri II, la Magna Carta arrachée à Jean, le Parlement de Simon de Montfort, l'abbaye de Westminster — tous ces éléments composés sous trois règnes successifs forment désormais le cœur d'une monarchie institutionnelle qui se distingue de toutes les autres en Europe.
Onze générations, trois siècles, un empire
Le tableau ci-dessous récapitule la chaîne dynastique complète, de Foulque Nerra qui prend Angers en 987 à Henri III qui meurt à Westminster en 1272. Onze générations, trois siècles, et le passage du donjon de pierre angevin à la cathédrale gothique de Westminster.
| Souverain | Règne | Titre majeur | Fait dominant |
|---|---|---|---|
| Foulque III Nerra | 987-1040 | Comte d'Anjou | Fondateur de la puissance angévine ; quatre pèlerinages à Jérusalem |
| Geoffroy II Martel | 1040-1060 | Comte d'Anjou-Maine-Touraine | Apogée territoriale ; mort sans descendance directe |
| Geoffroy III le Barbu | 1060-1068 | Comte d'Anjou | Déposé et emprisonné par son frère Foulque |
| Foulque IV le Réchin | 1068-1109 | Comte d'Anjou | Fratricide, scandales, mais patronage de Fontevraud |
| Foulque V le Jeune | 1109-1129 / 1131-1143 | Comte d'Anjou, puis roi de Jérusalem | Mariage Geoffroy-Mathilde 1128, père des Plantagenêts |
| Geoffroy V Plantagenêt | 1129-1151 | Comte d'Anjou, duc de Normandie | Conquiert la Normandie 1144 ; donne son nom à la dynastie |
| Mathilde l'Impératrice | 1135-1167 | Domina Anglorum | Héritière légitime d'Angleterre, mère d'Henri II |
| Henri II | 1154-1189 | Roi d'Angleterre, duc-comte d'empire | Apogée ; common law ; Becket ; Grande Révolte |
| Richard Ier Cœur de Lion | 1189-1199 | Roi d'Angleterre | Troisième Croisade, captivité, Château-Gaillard, Châlus |
| Jean sans Terre | 1199-1216 | Roi d'Angleterre | Perte de la Normandie 1204 ; Magna Carta 1215 |
| Henri III | 1216-1272 | Roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine | Westminster gothique ; premier Parlement 1265 |
De Foulque Nerra le Faucon Noir aux institutions parlementaires de Henri III, c'est l'histoire d'une famille qui a inventé un empire avant d'inventer, sans le vouloir, les premières limites de l'absolutisme royal.
— L'héritage plantagenêt
Anjou · Normandie · Angleterre · Aquitaine · Terre Sainte
La carte ci-dessous parcourt les lieux qui dessinent l'histoire de la dynastie : les capitales angévines (Angers, Loches, Chinon, Fontevraud), les places normandes (Rouen, Caen, Château-Gaillard, Barfleur), les hauts lieux anglais (Westminster, Canterbury, Runnymede, Lincoln), les batailles décisives (Hastings, Bouvines, Lewes, Evesham), et même Jérusalem où Foulque V devint roi.