Roi de France — 1226-1270
Le modèle du roi chrétien, juste et pieux — et l'une des figures les plus prestigieuses de l'histoire de France. Mais derrière l'image du saint sous le chêne de Vincennes se cache un roi plus complexe : bras de fer avec les Plantagenêts, croisades catastrophiques, ombre antijuive et influence ambigüe de son frère Charles d'Anjou.
Une figure double — sainte et politique
Louis IX, devenu Saint Louis par sa canonisation en 1297, est l'une des figures les plus prestigieuses de l'histoire de France. Né à Poissy le 25 avril 1214, fils de Louis VIII le Lion et de Blanche de Castille, il règne pendant quarante-quatre ans, de 1226 à 1270, dans ce qui sera souvent décrit comme l'apogée du XIIIe siècle capétien. Mais l'image traditionnelle du « roi sous son chêne rendant la justice » mérite d'être nuancée.
Le règne de Saint Louis fut certes celui de la grandeur capétienne : réforme judiciaire profonde, bâtisseur de la Sainte-Chapelle, ami des ordres mendiants, arbitre de l'Europe chrétienne. Mais il fut également marqué par des choix politiques discutables : deux croisades désastreuses, une politique religieuse intolérante envers les juifs, un traité ambigu avec l'Angleterre qui préparait involontairement la Guerre de Cent Ans, et une influence croissante de son frère Charles d'Anjou dans les affaires méditerranéennes.
Cette tension entre la sainteté personnelle et la réalité du pouvoir est ce qui fait de Louis IX l'un des souverains les plus fascinants du Moyen Âge. Et pour le comprendre, il faut d'abord comprendre l'influence déterminante de sa mère.
Une régente exceptionnelle (1226-1234)
à la mort de Louis VIII le Lion — emporté par la dysenterie le 8 novembre 1226 à Montpensier au retour de la croisade des Albigeois — le futur Saint Louis n'a que douze ans. Il est sacré en hâte à Reims le 29 novembre 1226, trois semaines après la mort de son père : les circonstances exigent une réponse immédiate à la crise dynastique.
Sa mère Blanche de Castille, petite-fille d'Aliénor d'Aquitaine par sa mère et fille du roi Alphonse VIII de Castille, assure la régence dans des circonstances particulièrement difficiles : révolte des grands féodaux (Hugues de Lusignan, Pierre Mauclerc duc de Bretagne, Thibaud IV comte de Champagne), hostilité d'une partie de la famille royale, intervention du roi d'Angleterre Henri III qui espère reconquérir les fiefs perdus par son père Jean sans Terre, risque d'éclatement de l'œuvre de Philippe-Auguste son beau-père.
Blanche transmet à son fils une profonde piété, le sens du devoir royal, le respect de la justice et une conception sacrée de la monarchie. Sa formule fameuse rapportée par Jean de Joinville — qu'elle préférait voir son fils mort plutôt qu'en péché mortel — dit toute la rigueur de l'éducation que Louis reçut. Mais elle lui transmet également une vision très religieuse du pouvoir, qui influencera fortement ses décisions futures.
Même après sa majorité en 1234 — l'année où Louis épouse Marguerite de Provence — Louis IX continue à consulter sa mère. Jusqu'à la mort de Blanche, le 27 novembre 1252, alors que Louis est en Terre sainte, elle demeure la personnalité politique la plus influente du royaume après le roi lui-même. Sa mort, apprise par Louis à Sidon au printemps 1253, précipitera son retour de croisade.
Le chêne de Vincennes — les baillis — le Parlement
Saint Louis cherche à faire du roi le juge suprême du royaume. Sous son règne, le Parlement de Paris gagne en importance, les appels aux décisions seigneuriales se multiplient, les enquêteurs royaux contrôlent les abus des officiers, et les guerres privées sont progressivement limitées. L'image du roi rendant justice sous le chêne de Vincennes, transmise par Joinville, est largement symbolique mais elle reflète une réalité : le roi veut être accessible à ses sujets.
Le royaume est administré par les baillis au nord et les sénéchaux au sud. Officiers royaux nommés par le roi, révoquables, soumis à contrôle, ils incarnent l'autorité centrale à l'échelle locale. Cette évolution, amorcée par Philippe Auguste, atteint sa pleine maturité sous Saint Louis et prépare la monarchie administrative qu'achèveront ses successeurs — jusqu'à Philippe IV le Bel, son petit-fils, qui poussera la logique à son terme avec le triomphe des légistes.
Saint Louis joue aussi le rôle d'arbitre européen. La Mise d'Amiens (janvier 1264) en est l'exemple le plus frappant : appelé par Henri III d'Angleterre et par Simon de Montfort à trancher leur différend sur les Provisions d'Oxford, Louis se prononce en faveur du roi anglais. Sa sentence ne sera pas respectée (la guerre civile anglaise reprend immédiatement, mène à la bataille de Lewes et au premier Parlement de 1265), mais le simple fait que les deux camps acceptent a priori la médiation du roi de France témoigne du prestige considérable de Louis dans l'Europe chrétienne.
Sainte-Chapelle — Sorbonne — Thomas d'Aquin
Sous Saint Louis, Paris s'impose comme l'une des grandes capitales intellectuelles et spirituelles de la chrétienté occidentale. L'Université de Paris, autour des nouveaux ordres mendiants (dominicains et franciscains), rayonne dans toute l'Europe. La théologie scolastique y atteint son apogée avec des maîtres comme Saint Bonaventure, Albert le Grand et surtout Saint Thomas d'Aquin, qui enseigne à Paris à deux reprises (1252-1259 et 1268-1272) et que le roi consulte personnellement.
En 1257, sous le patronage du roi, son confesseur Robert de Sorbon fonde un collège destiné à accueillir les étudiants pauvres en théologie : c'est l'origine de la Sorbonne, qui donnera son nom à l'ensemble de la Faculté de théologie puis à l'Université. Saint Louis multiplie aussi les fondations charitables : il fait reconstruire l'Hôtel-Dieu de Paris, fonde l'hospice des Quinze-Vingts (vers 1260) pour 300 aveugles — tradition voulant qu'il s'agisse de croisés émacculés par les Sarrasins à Mansourah, même si l'origine précise est plus prosaïque — et l'abbaye cistercienne royale de Royaumont (1228) qu'il fréquente assidûment.
Plusieurs fois je vis le roi, en été, qui, après avoir entendu la messe, s'allait asseoir au bois de Vincennes, et il s'adossait à un chêne et nous faisait asseoir autour de lui. Et tous ceux qui avaient affaire venaient lui parler, sans empêchement d'huissier ni d'autres.
— Jean de Joinville, Histoire de Saint Louis, vers 1309
Taillebourg et Saintes (1242) — le traité de Corbeil (1258)
Les relations avec les Plantagenêts dominent une grande partie du règne. Henri III d'Angleterre, fils de Jean sans Terre, n'a jamais accepté les pertes territoriales subies par son père en 1204 : il rêve de reconquérir la Normandie, l'Anjou, le Maine et la Touraine, et profite de toute occasion pour intervenir en France.
Au sud, Saint Louis mène une politique de pacification non moins habile. Le traité de Corbeil du 11 mai 1258, signé avec Jacques Ier d'Aragon, met fin à deux siècles d'ambiguïté territoriale dans le Languedoc et en Roussillon : le roi d'Aragon renonce à ses prétentions sur la plupart des comtés occitans (Carcassonne, Foix, etc.), tandis que Louis renonce à sa suzeraineté théorique sur le Roussillon et la Catalogne. La frontière pyrénéenne est ainsi clarifiée pour des siècles. Le même traité permet au roi de France de se tourner avec sérénité vers la grande affaire : la paix avec l'Angleterre.
Henri III renonce, mais devient vassal
Traditionnellement présenté comme une réussite diplomatique de premier ordre, le traité de Paris du 4 décembre 1259 mérite d'être nuancé sur le long terme.
Henri III renonce officiellement à la Normandie, à l'Anjou, au Maine, à la Touraine et au Poitou — les fiefs perdus par Jean sans Terre en 1204. En contrepartie, il conserve la Guyenne (sud-ouest de l'Aquitaine, autour de Bordeaux) comme vassal du roi de France avec rang de pair du royaume, et obtient quelques compensations territoriales dans le Périgord, le Limousin, le Quercy et l'Agenais.
A court terme, le traité met fin à plusieurs décennies de guerre franco-anglaise. Saint Louis y voit la réalisation d'un idéal de paix chrétienne entre deux souverains beaux-frères (Henri III avait épousé éléonore de Provence, sœur de Marguerite). Mais le traité maintient une contradiction fondamentale qui empoisonnera les relations franco-anglaises pendant le siècle suivant.
Aigues-Mortes, Damiette, Mansourah, la captivité
En décembre 1244, gravement malade à Pontoise — les chroniqueurs évoquent un état tel qu'on le crut un moment mort — Louis IX fait le vœu solennel de partir en croisade. La chute de Jérusalem, perdue en juillet 1244 par les Khwarezmiens alliés aux Égyptiens, vient d'émouvoir l'Occident. Quatre ans seront nécessaires pour préparer l'expédition.
Louis fonde sur la côte du Languedoc un port entièrement nouveau, Aigues-Mortes (« eaux mortes »), pour disposer d'un débouché méditerranéen directement contrôlé par la couronne (le reste du littoral méditerranéen restant alors essentiellement provençal ou aragonais). L'armée croisée s'y embarque à partir du 25 août 1248. Elle compte une quinzaine de milliers d'hommes dont 2 500 chevaliers. La reine Marguerite de Provence accompagne son mari avec leurs enfants.
septembre 1248 - mai 1249
La croisade fait escale à Chypre, base latine majeure depuis la troisième croisade. Saint Louis y passe huit mois à planifier la suite, à négocier avec les Mongols (qui semblaient des alliés providentiels contre l'Islam) et à rassembler les forces. La maladie tue déjà un quart de l'armée.
5-6 juin 1249
L'objectif est l'Égypte, cœur de la puissance ayyoubide. Les croisés débarquent à Damiette sur le delta du Nil. La ville, abandonnée par les Égyptiens dans la panique, est prise sans combat le 6 juin 1249. Premier succès apparent.
février 1250
L'avance vers Le Caire commence en novembre 1249. Bloquée devant Mansourah par les troupes du jeune sultan Touran Chah, l'armée croisée tente de franchir le canal. Le 8 février 1250, Robert d'Artois, frère du roi, charge imprudemment dans la ville avec l'avant-garde et les Templiers : la chevalerie franque est massacrée dans les ruelles. Robert d'Artois et le grand-maître du Temple Guillaume de Sonnac sont tués. L'armée décimée ne peut plus avancer.
avril 1250
Affaibli par la dysenterie et la famine, refusant de fuir seul, Louis IX est capturé le 6 avril 1250 en tentant de battre en retraite vers Damiette. Avec lui, des milliers de chevaliers. Toute la noblesse française est aux mains des Égyptiens. Pendant ce temps à Damiette, la reine Marguerite de Provence — venant d'accoucher d'un fils baptisé Jean Tristan « de la tristesse » — tient la ville et organise la défense d'une main de fer.
mai 1250
Au moment même des négociations, le sultan Touran Chah est assassiné par ses propres mamelouks (2 mai 1250) : c'est le début du sultanat mamelouk qui dominera l'Égypte pendant deux siècles. Les mamelouks libèrent Louis contre la restitution de Damiette et une rançon de 400 000 livres tournois, somme énorme rassemblée principalement par les Templiers. Blanche de Castille paye, et Louis est libéré le 6 mai 1250.
1250-1254
Au lieu de rentrer aussitôt en France, Louis reste quatre ans en Terre sainte. Il séjourne à Acre, fortifie Césarée, Jaffa, Sidon, négocie avec les Mongols et les Mamelouks. C'est l'apprentissage prolongé d'un roi-chevalier. La nouvelle de la mort de Blanche de Castille (novembre 1252) lui parvient au printemps 1253 et le décide enfin à rentrer. Il revient en France en juillet 1254.
Malgré le courage personnel du roi et son comportement exemplaire pendant la captivité (refus de toute concession sur la foi, mépris de la mort), le bilan militaire est très mauvais. L'opération coûte énormément au royaume — quatre années de revenu fiscal, dit-on — sans produire de résultat durable. Joinville, qui a tout vécu à ses côtés comme sénéchal de Champagne, en fera plus tard, vers 1309, la matière de son célèbre Histoire de Saint Louis, l'un des chefs-d'œuvre de la prose française médiévale.
Procès du Talmud (1240) — le brûlement (1242) — la rouelle (1269)
Cette dimension est souvent minimisée dans les récits traditionnels. Pourtant, Louis IX mène une politique religieuse particulièrement dure envers les juifs — reflet d'une époque où l'antijudaïsme religieux durcissait dans toute la chrétienté latine, mais aussi marque personnelle d'un roi qui prenait au sérieux son rôle de gardien de la foi.
Saint Louis considère les juifs avant tout comme des personnes appelées à se convertir. Sa politique ne correspond donc pas aux critères modernes de tolérance religieuse. Il faut cependant la situer dans son temps : les expulsions massives ne viendront qu'avec Philippe le Bel en 1306, qui ira beaucoup plus loin que son grand-père en confisquant l'ensemble des biens. Saint Louis prépare ce contexte ; il ne le mène pas à son terme. Ce point constitue néanmoins l'une des principales limites morales de son règne et l'une des raisons pour lesquelles la légende dorée du saint roi doit aujourd'hui être lue avec un esprit critique.
La Sicile, Bénévent 1266, et la Tunisie
La mort de Blanche de Castille en 1252 constitue un tournant. Le royaume continue à prospérer, mais plusieurs décisions du roi semblent moins inspirées par le réalisme politique que par des considérations religieuses ou morales. Certains historiens considèrent que Blanche possédait un sens politique plus aigu que son fils : elle avait souvent tempéré ses élans. Après sa disparition, Louis IX apparaît davantage guidé par sa conscience religieuse — et de plus en plus influencé par son frère cadet Charles.
Le frère cadet du roi, Charles d'Anjou (1227-1285), devient progressivement l'un des princes les plus puissants de Méditerranée. Comte d'Anjou et du Maine par son apanage, devenu comte de Provence par son mariage avec Béatrice de Provence en 1246 (la quatrième et dernière fille du comte Raimond Béranger, donc belle-sœur de Louis IX), il accroît méthodiquement sa puissance. En 1265, le pape Clément IV (lui-même Français) lui offre la couronne de Sicile contre l'empereur Manfred de Hohenstaufen.
Maître de la Sicile, Charles développe de vastes ambitions : domination méditerranéenne, contrôle des routes commerciales entre l'Orient et l'Occident, intervention éventuelle contre l'Empire byzantin restauré par Michel VIII Paléologue en 1261. L'Italie du Sud et le Maghreb deviennent ses zones d'intérêt prioritaires. Pour Louis IX, qui maintient un vœu de croisade depuis son retour de 1254, cette influence méditerranéenne va détourner l'objectif de sa dernière expédition.
La huitième croisade et le mauvais détour
En mars 1267, Louis IX prend à nouveau la croix au cours d'une cérémonie solennelle à Paris. La situation des derniers États latins d'Orient se détériore : Antioche tombe aux mains du sultan mamelouk Baybars en 1268. L'objectif naturel d'une croisade serait donc la Terre sainte, ou à défaut l'Égypte. Pourtant, l'expédition de 1270 est dirigée... vers Tunis.
Les historiens considèrent généralement que Charles d'Anjou a joué un rôle important dans cette orientation. Trois hypothèses sont avancées : l'espérance d'une conversion possible de l'émir hafside Mohammed Ier al-Mustansir (peut-être nourrie par des contacts diplomatiques) ; le souci de Charles de neutraliser une base mauresque qui menaçait son royaume de Sicile ; ou l'intention stratégique de créer à Tunis une base avancée pour reprendre ensuite l'Égypte. Quelle que soit la raison, la décision répond davantage à des considérations stratégiques méditerranéennes qu'à la reconquête de Jérusalem.
Le corps du roi connaît un sort exceptionnel. Pour pouvoir ramener ses restes en France malgré la chaleur et la distance, on applique le procédé alors usuel pour les grands personnages morts loin de leur sépulture : le mos teutonicus ou « coutume tudesque ». Le corps est bouilli pour séparer la chair des os. Les os, soigneusement conservés, sont rapatriés en France et inhumés en grande pompe à Saint-Denis le 21 mai 1271. Les entériques (chaîr) demeurent à Monreale en Sicile, conservés par Charles d'Anjou. Ce double tombeau témoigne du déchirement géographique d'une famille devenue européenne.
Vingt-sept ans plus tard, le 9 août 1297, le pape Boniface VIII canonise Louis IX. Persécuteur du Talmud, vainqueur des Albigeois, croisé deux fois échoué, il devient officiellement Saint Louis. Pièce d'ironie historique : c'est ce même Boniface VIII qui sera, six ans plus tard, humilié à Anagni par les hommes de son petit-fils Philippe IV le Bel. La canonisation de Louis IX, qui consacre le prestige sacral de la dynastie capétienne, sera ainsi l'un des derniers grands actes du pontificat — et l'une des armes que Philippe le Bel retournera contre le pape lui-même.
Un grand roi, mais pas un homme infaillible
Saint Louis fut incontestablement un grand administrateur, un réformateur de la justice, un bâtisseur de l'état capétien, un souverain au prestige européen exceptionnel. Mais il ne faut pas confondre sa sainteté religieuse avec une perfection politique.
| Aspect | Acquis | Passif |
|---|---|---|
| Justice | Enquêteurs royaux (1247) ; Quarantaine-le-Roy ; Parlement de Paris en pleine formation ; gros tournois (1266) | Rigueur excessive dans certaines affaires réputées de foi |
| Territoire | Traité de Corbeil 1258 (frontière aragonaise) ; traité de Paris 1259 ; pacification du Languedoc | Concessions territoriales décevantes à l'Angleterre ; situation vassalique ambiguë pour la Guyenne — semences de la Guerre de Cent Ans |
| Croisades | Engagement personnel et exemplarité ; fondation d'Aigues-Mortes | Désastre de Mansourah (1250) ; capture du roi ; coût exorbitant ; mort à Tunis (1270) |
| église | Sainte-Chapelle ; reliques de la Passion ; canonisation (1297) ; médiation entre rois | Anti-judaïsme actif : procès du Talmud (1240), brûlement (1242), rouelle (1269) |
| Culture | Sorbonne (1257) ; Thomas d'Aquin et l'apogée scolastique ; abbaye de Royaumont | Brûlement de manuscrits hébraïques : catastrophe culturelle |
| Dynastie | Onze enfants avec Marguerite de Provence ; succession solide ; Philippe III le Hardi prend la suite | Influence excessive de Charles d'Anjou en fin de règne ; dérive méditerranéenne |
Saint Louis demeure l'une des figures majeures de l'histoire de France. Profondément pieux, il fut parfois moins habile politique que sa mère. Son attitude envers les juifs, l'échec de ses croisades, le caractère ambigu du traité de Paris de 1259 et l'influence de Charles d'Anjou sur sa dernière expédition montrent que son règne ne peut être réduit à une légende dorée. C'est précisément cette complexité qui fait de Louis IX l'un des souverains les plus fascinants du Moyen Âge français.
— Conclusion d'un grand règne
De Reims à Tunis — les chemins du roi-saint
La carte ci-dessous parcourt les lieux qui dessinent le règne : les sites royaux (Poissy, Reims, Paris-Sainte-Chapelle, Vincennes, Saint-Denis), les batailles capétiennes (Taillebourg, Saintes), les paix arrachées (Meaux-Paris 1229, Corbeil 1258, Paris 1259), et bien sûr le grand arc méditerranéen des croisades : Aigues-Mortes, Chypre, Damiette, Mansourah, Acre, Tunis-Carthage.