1-96
Le début de l’Empire : continuité républicaine et pouvoir impérial
Au début de l’Empire, le régime politique est le Principat.
L’empereur concentre le pouvoir, mais les formes de l’ancienne République sont encore conservées :
le Sénat, les magistratures, les lois et les traditions juridiques romaines continuent d’exister.
Le droit repose encore sur plusieurs sources : les anciennes lois, les édits des magistrats,
les sénatus-consultes, les réponses des juristes et les premières décisions impériales.
L’empereur n’apparaît pas encore comme l’unique source du droit, même si son influence augmente constamment.
96-235
L’apogée du droit romain classique
Du règne des Antonins au début de la dynastie des Sévères, le droit romain atteint un haut degré de sophistication.
C’est l’âge des grands jurisconsultes, comme Gaius, Papinien, Paul, Ulpien ou Modestin.
Les juristes romains développent une méthode fondée sur la précision des cas,
la distinction des catégories et la recherche de solutions pratiques.
Le droit privé, notamment la propriété, les obligations, les contrats, les successions et la famille,
est particulièrement élaboré.
Vers 130, sous Hadrien, l’édit du préteur est fixé dans l’Édit perpétuel.
Le droit prétorien perd alors son ancienne souplesse créatrice, tandis que le droit impérial gagne en importance.
212
La généralisation de la citoyenneté romaine
En 212, l’empereur Caracalla accorde la citoyenneté romaine à presque tous les hommes libres de l’Empire.
Cette décision, appelée Constitution antoninienne, transforme profondément le rapport entre droit romain et droits locaux.
Avant cette date, il existe une distinction importante entre citoyens romains, Latins et pérégrins.
Après 212, le droit romain devient en principe le droit commun des habitants libres de l’Empire,
même si les pratiques locales et provinciales ne disparaissent pas immédiatement.
235-284
La crise du IIIe siècle : instabilité et transformation du droit
Le IIIe siècle est marqué par les guerres civiles, les invasions, les crises monétaires,
l’instabilité politique et la pression militaire aux frontières.
Le droit se transforme dans un contexte d’urgence.
Les anciennes formes du droit classique reculent.
Les décisions impériales, les rescrits et les constitutions prennent une place croissante.
Le droit devient progressivement plus administratif, plus fiscal et plus dépendant de l’autorité centrale.
284-313
Dioclétien et le Bas-Empire : centralisation et bureaucratie
Avec Dioclétien, l’Empire entre dans une nouvelle phase, souvent appelée le Dominat.
L’empereur est désormais présenté comme un souverain plus sacralisé et plus distant.
L’administration impériale se renforce considérablement.
Le droit devient un instrument de gouvernement.
Il organise la fiscalité, l’armée, les corporations, les cités, les provinces et les rapports sociaux.
Les premières grandes compilations privées de constitutions impériales, comme les Codes grégorien et hermogénien,
annoncent les codifications ultérieures.
313-395
Christianisation et transformation des valeurs juridiques
À partir de Constantin, le christianisme devient une religion autorisée puis progressivement dominante.
Cette évolution influence le droit de la famille, le mariage, les donations, les successions,
le statut de l’Église, les évêques, les clercs et les questions morales.
L’Église acquiert une place juridique croissante.
Les évêques jouent un rôle d’arbitrage et de protection sociale.
Le droit impérial commence à intégrer des préoccupations religieuses,
ce qui transforme l’équilibre ancien entre droit civil, droit public et vie religieuse.
395-438
Division de l’Empire et codification théodosienne
À partir de 395, l’Empire est durablement partagé entre Orient et Occident.
Les deux parties conservent le même héritage juridique, mais leurs évolutions politiques divergent.
L’Orient reste plus stable, tandis que l’Occident est fragilisé par les invasions et les pouvoirs militaires.
En 438, le Code théodosien rassemble les constitutions impériales promulguées depuis Constantin.
Il représente une étape majeure dans l’histoire de la codification romaine.
Le droit romain devient de plus en plus un droit de textes impériaux classés et conservés.
438-500
Le droit romain tardif et les royaumes barbares
Au Ve siècle, l’Empire romain d’Occident s’affaiblit puis disparaît politiquement en 476.
Mais le droit romain ne disparaît pas.
Il continue d’être appliqué aux populations gallo-romaines, hispano-romaines ou romano-africaines
dans plusieurs royaumes barbares.
Cette période voit se développer un droit romain simplifié, parfois appelé droit romain vulgaire.
Les rois barbares s’appuient souvent sur des administrateurs romains et conservent de nombreuses pratiques juridiques romaines.
Le droit romain tardif prépare ainsi la transition vers les droits médiévaux de l’Occident.